dimanche 18 mars 2012

Salon du livre de Paris 2012

Albin Michel / ©Myriam Thibault
Amélie Nothomb / ©Myriam Thibault
Robert Laffont / ©Myriam Thibault
Nicolas Bedos / ©Myriam Thibault
J'ai lu - Flammarion / ©Myriam Thibault
"Cette année la princesse va voter !" / ©Myriam Thibault
P.O.L. / ©Myriam Thibault
Gallimard / ©Myriam Thibault
Emmanuel Carrère / ©Myriam Thibault
Nicolas Fargues / ©Myriam Thibault
Scène des auteurs avec David Foenkinos, interviewé par Karine Papillaud / ©Myriam Thibault
Scène des auteurs avec Frédéric Beigbeder, interviewé par son éditeur Manuel Carcassonne  / ©Myriam Thibault
Stand du Japon  / ©Myriam Thibault
Des oiseaux-livres / ©Myriam Thibault
Benjamin Lacombe / ©Myriam Thibault
Charles Berling / ©Myriam Thibault 
Mathias Malzieu / ©Myriam Thibault
Cherchez Hollande ! / ©Myriam Thibault

samedi 17 mars 2012

Tag : quelques questions de Pétales de fées

Une sorte de mini-questionnaire de Proust, auquel je réponds. Il me vient de Pétales de fées.



Ton livre favori ?
Puisqu'il n'en faut qu'un, mon dernier coup de cœur est Mufle d'Eric Neuhoff.

Ton auteur préféré ?
Frédéric Beigbeder.

Le film que tu pourrais voir cent fois ?
Paris de Cédric Klapisch

Le poème qui t'a touché ?
Toute la poésie - parce que ça en est - de Serge Gainsbourg.

Ton peintre favori ?
Magritte.

Ton vœu le plus cher ?
Ne pas en avoir. 

Le défaut que tu n'aimes pas chez les autres ?
La niaiserie.

Une citation qui te parle ?
"Voici toute ma politique : J'aime la musique, la peinture; un bon livre est un événement pour moi." Stendhal

Le lieu qui te fait rêver ?
Paris.

L'image qui t'a le plus frappée ?
Après le tremblement de terre à Haïti, Frankétienne regardant sa maison détruite. Le seul élément qui avait tenu était sa bibliothèque : "Vous voyez seule la culture est encore debout." avait-il dit au journaliste.

jeudi 8 mars 2012

Figaro Littéraire


Cliquer sur la photo, et zoomer pour lire l'article.
"Graines d'écrivains", Le Figaro Littéraire, par Dominique Guiou et Mohammed Aïssaoui, le 8 mars 2012.

mardi 6 mars 2012

Bazar de questions pour Harold Cobert

Hello Harold !



Ton livre de chevet ?
Les Frères Karamazov.
Ta musique du moment ?
Nowhere man des Beatles.
L’objet que tu aimes offrir ?
Une bonne bouteille de vin. Mais c’est un sujet, pas un objet.
Le classique qui te tombe des mains ?
Belle du Seigneur
Un objet fétiche ?
Le Duck, un canard en peluche qui fait également bouillote.
Pourquoi écrire ?
Parce que je ne sais pas planter un clou. J’ai deux pieds gauches à la place des mains !
Ecrire en musique ? 
Parfois. Tout dépend ce que j’écris. 
Un photographe ?
Benoît Lafosse, mon oncle.
Ton film culte ?
Le Magnifique.
Un lieu parisien insolite ?
Mon bureau.
Un musicien ?
Mozart.
Un moment inoubliable ?
Le 9 août 1989, aux alentours de 15h, instant où j’ai perdu ma vertu et mon innocence, comme on aurait dit au XVIIIe
Un artiste hors du commun ?
Mon grand-père, saxophoniste de génie. 
D’où est venue cette idée de Dieu surfe au Pays Basque ?
D’un double constat. La littérature aborde généralement la question de la parentalité soit par la difficulté à concevoir un enfant soit par la perte d’un enfant qui est né, jamais, ou très rarement, par la perte de l’enfant à naître (fausse couche). De plus, elle aborde cette problématique, et c’est bien naturel, du point de vue de la mère, jamais de celui du père. 
Comme mon narrateur a des origines basques, qu’il est surfeur et a rencontré sa femme à Biarritz, lorsqu’il est confronté à ce drame, il a l’impression que Dieu les a laissé tomber et qu’il s’est barré surfer au Pays Basque – d’où le titre. 
Pourquoi lire ?
Pour ne pas regarder la télé qui rend encore plus idiot que le chichon.
Un cinéaste ?
David Fincher. 
Un artiste à voir en concert ?
Michaël Jackson.
Un lieu fabuleux ?
L’Origine du monde.
Un écrivain ?
Dostoïevski.
Ton actualité ?
Répondre à tes questions. Et des vagues et des pages à surfer, au Pays Basque. 

Merci Harold pour avoir répondu à ce Bazar de questions !

"Dieu surfe au Pays basque" d'Harold Cobert

Dieu surfe au Pays basque, roman d'Harold Cobert, sortie le 8 mars 2012, aux Editions Héloïse d'Ormesson, 159 pages, 15€.

Un homme et une femme se rencontrent dans le sud de la France, à Biarritz. Ils sont jeunes, et amoureux. Ils vont s'aimer et commencer une vie ensemble. Puis, comme tout couple qui perdure dans le temps, le mot enfant va apparaître dans leur vie. Elle est enceinte. Ils sont aussi heureux l'un que l'autre et attendent cet événement avec beaucoup d'impatience. Mais ça ne sera pas aussi simple que ça, sa femme va avoir une fausse couche. 

Harold Cobert alterne les épreuves du passé et celles du présent : elles sont paradoxalement similaires et complètement opposés...
D'un autre côté, il met en lumière, du point de vue masculin, la tendresse d'un mari pour sa femme, et celle d'un futur père. La douleur et la souffrance de la perte d'un enfant se mêlent au bonheur de leur jeunesse et aux petits détails heureux qui émergent au milieu de leur malheur. C'est à la fois bouleversant dans les moments de douleur, et à la fois amusant dans les premiers instants de leur rencontre, et dans leur maladresse commune.

Premier vrai coup de cœur en ce début d'année 2012.

Harold Cobert a obtenu en 2010 le Prix du Style pour L'entrevue de Saint-Cloud. Ce même roman sort en poche demain, 7 mars, sous le nom : Le rendez-vous manqué de Marie-Antoinette, au Livre de poche.


Dieu surfe aussi dans le Morbihan / ©Myriam Thibault

Harold Cobert sera présent au Salon du livre de Paris, sur le stand des Editions Héloïse d'Ormesson : vendredi 16 mars de 19h à 21h, samedi 17 de 11h30 à 13h, et dimanche 18 de 17h à 18h.

samedi 3 mars 2012

Moi je crois pas !

Le 22 février dernier, première fois que je vais voir une pièce au Théâtre du Rond-Point*. Et pas déçue ! Tout d'abord par le cadre : le hall d'entrée est assez grand et agréable, le restaurant est original, la librairie plutôt bien fournie (surtout niveau théâtre, évidemment !). La salle, quant à elle, est simple. Mais je pense que l'on doit voir correctement à peu près où que l'on soit placé, on est bien assis, et les ouvreuses n'acceptent pas de pièces... elles sont donc payées !

"Moi, je crois pas !" est une pièce de Jean-Claude Grumberg**, elle met en scène deux vieillards aigris, qui passent leur vie à s'envoyer des pics. Ils ne sont jamais d'accord sur rien, se contredisent (souvent pour le simple fait de ne pas être d'accord avec l'autre), et surtout, ils sont interprétés par Catherine Hiegel et Pierre Arditi qui jouent parfaitement ces rôles. Ils sont enfermés chez eux, elle passe sa vie devant la télé, lui se moque et en fait tout autant quelle. C'est drôle, et les personnages sont attachants. Le décor est très épuré, on se concentre donc essentiellement sur les dialogues et le très bon jeu des acteurs.
C'est une pièce qui s'appuie sur les travers de la société actuelle, sur le fait que l'on croit tout et n'importe quoi, et sur le fait que l'information et la consommation ne fassent pas nécessairement bon ménage dans les esprits. On aurait presque envie d'y retourner ! (d'ailleurs, on peut, on a jusqu'au 24 mars).

Synopsis du dossier de presse : "Jamais on ne les aura vus comme ça, Pierre Arditi et Catherine Hiegel. Au pire de l’humanité à vif, à nu, vieillards tendres avachis d’un amour retombé comme un soufflé. Un homme, une femme, et le temps qui a fait son oeuvre ; poison lent. Fini la séduction, les élans de l’amour naissant. Monsieur et Madame s’affrontent. Ils se cherchent des poux, provoquent leur guerre intestine. Ils conjurent l’ennui familier par les accrocs de la dispute. Le 11 septembre est-il un coup monté ? Les écrivains ont-ils des nègres ? Lui n’y croit pas, elle si. Elle croit en l’existence du yéti, elle croit que les fèves provoquent les prouts. Lui, non. Ils luttent. Batailles. Et les soirées passent. Et la télévision qu’on allume quand la trêve est possible. Deux bêtes de scène labourent les terres fertiles des idées reçues, des préjugés, et de la bêtise partagée. Portraits au vinaigre d’une France à pantoufles très élimées et à télé trop allumée."
"MONSIEUR. Voilà, suffit que tout le monde répète la même connerie pour que cette connerie soit vraie." (page 6)

"MADAME. Les infos sont finies, monte le son qu'on loupe pas les pubs.
Voix de pub télé. Alors heureux ?" (page 56)


©Myriam Thibault

*Franklin-Roosevelt. Théâtre du Rond-Point. Salle Renaud-Barrault. Du 4 février au 24 mars 2012, à 18h30.
**Moi je crois pas !, de Jean-Claude Grumberg, aux Editions Actes Sud Papiers, 12€00.

mardi 28 février 2012

Walls in Paris

©Myriam Thibault
©Myriam Thibault
©Myriam Thibault
©Myriam Thibault
©Myriam Thibault

samedi 25 février 2012

"Je n'ai pas fini de regarder le monde" de David Thomas

David Thomas, Je n'ai pas fini de regarder le monde, aux Editions Albin Michel, 167 pages, 15€.

Un écrivain raté, une femme hystérique, une lettre inhabituel à un fils, l'addiction à la cigarette, et tant d'autres personnages et situations qui emmènent le lecteur dans le monde où il vit, mais vu par un observateur pointilleux qui aime regarder le genre humain.

Ce petit livre est une sorte de recueil de nouvelles de vie. Tout un panel de passages de la vie, de moments passés mis en lumières par des détails insignifiants, qui prennent tout leur sens par la suite : les joies de la vie passent par les détails infimes.
Ces courts textes s'enchainent les uns après les autres avec pour lien : la vie, et la joie de David Thomas à observer cette vie et ses habitants. Certains sont drôles, d'autres le sont un peu moins. On se reconnaît dans certains textes.

On sourit parfois, bien qu'il se fiche de nous :
"Le jour où Pilar Gaudi Pimentel Aconchoza comprit que Juan-Antonio Alvera Guttierez del Duero était amoureux d'elle, elle se cassa un ongle en préparant une tortilla de patatas."

Cependant, il réussit à reproduire et à souligner les instants de la vie passant inaperçus pour beaucoup d'entre nous : ceux qu'il observe avec attention. Peut-être vous a-t-il croisé un jour, peut-être s'est-il servi de vous, peut-être l'avez-vous vu vous regarder, peut-être ne vous en êtes vous pas rendu compte... En tout cas, David Thomas n'a pas fini de regarder le monde, et nous prouve qu'il suffit de regarder autour de soi pour rêver un peu.


mardi 14 février 2012

"Dans l'ombre du monde" de Maud Tabachnik

Dans l'ombre du monde, recueil de nouvelles de Maud Tabachnik, aux Editions Flammarion - collection Tribal, en librairie depuis le 1er février 2012, 224 pages, 13€.

8 nouvelles se suivent : "Home sweet home", "Coups de pouce", "Elle était si jolie", "Comment l'espoir vient aux filles", "Haine, où est ta victoire ?", "Cœur noir, douleur blanche", "No right zone", "Vie conjugale".

Dans ce recueil de nouvelles destiné aux adolescents, Maud Tabachnik évoque des thèmes graves et importants de notre époque, plus que présents dans nos sociétés.
La première nouvelle "Coups de pouce" à des allures de série policière américaine, mais est bien plus profonde, et il ne faut pas s'arrêter à cette simple apparence : elle fait ressortir les sentiments complexes que sont la rancune et le désir de vengeance. 
"Comment l'esprit vient aux jeunes filles" ouvre les yeux sur les dures conditions de la vie des femmes en Egypte; et la dernière nouvelle "Vie conjugale" la rejoint en évoquant les issues fatales auxquelles peuvent mener une vie conjugale compliquée, voire plus supportable; ainsi que les violences physiques et morales faites aux femmes. 
"Haine, où est ta victoire" parle à travers des personnages choisis du conflit israëlo-palestinien, et "Cœur noir, douleur blanche" du massacre du Rwanda. 

Maud Tabachnik va droit au but. Ce recueil destiné tout d'abord aux adolescents n'est peut-être pas à mettre entre toutes les mains : il peut choquer, sans doute, les adolescents les plus sensibles. Cependant, ces nouvelles évoquent les aspects les plus noires de la violence et de l'absurdité du monde dans lequel nous vivons. Ce recueil est à conseiller. Il n'apporte évidemment pas toutes les explications, mais peut justement intéresser par le biais de la lecture les adolescents à se tourner vers le monde qui les entoure, et à s'informer un peu plus sur les guerres et les violences de notre époque.

jeudi 9 février 2012

Bazar de questions pour Philippe Besson

Hello Philippe !



Ton livre de chevet ?
« L’amant » de Marguerite Duras. En particulier pour cette phrase : « Très vite dans ma vie il a été trop tard ».
Ta musique du moment ?
« Moves like Jagger ». Maroon 5. Hommage malicieux et sensuel à l’idole. Et puis, il faut voir au moins une fois dans sa vie la cambrure et les tatouages d’Adam Levine. La preuve vivante que la virilité peut être féminine.
Le classique qui te tombe des mains ?
« Belle du Seigneur » d’Albert Cohen. Pourtant j’aurais voulu y arriver. Pardon. 
Un objet fétiche ?
Aucun. Je ne suis pas fétichiste. Et je n’ai pas l’instinct de conservation.
L’objet que tu aimes offrir ?
Des fleurs. Mais ce ne sont pas des objets.
Pourquoi écrire ?
Parce qu’on est seul.
Pourquoi voyager ?
Pour aller voir ailleurs si j’y suis. Et j’y suis.
Un photographe ?
Maxime Antonin, petit jeune homme de 21 ans, qui sait saisir l’instant parfait chez les gens, sans qu’ils s’en rendent compte.
Ton film culte ?
« Les heures » de Stephan Daldry d’après le roman de Michael Cunningham. Trois sublimes portraits de femmes. Trois actrices en état de grâce. Un film sur la fragilité qui, à la fin, est le seul état qui m’intéresse. 
Un cinéaste ?
François Truffaut. 
L’endroit où tu rêves de voyager ?
Loin. J’aime la longue distance. Le décalage horaire.
Un musicien ?
Philip Glass. 
Un moment inoubliable ?
Celui où l’autre dort encore, le matin.
Un artiste hors du commun ?
Rimbaud, inégalable, inapprochable, inintelligible.
Un pays à visiter absolument ?
Cuba, avant que les Américains n’en fassent une riviera vulgaire, façon Miami.
Un lieu fabuleux ?
Le village de mon enfance. Qui n’existe plus que pour moi.
Pourquoi lire ?
Pour ressentir.
Un artiste à voir en concert ?
En ce moment ? Charlie Winston, showman sexy et généreux.
Un écrivain ?
Duras. Forcément Duras. 
Ton actualité ?
La sortie le 5 janvier de mon nouveau roman : « Une bonne raison de se tuer ». Dont le titre provient d’une phrase écrite par Cesare Pavese : « Une bonne raison de se tuer ne manque jamais à personne ». 

"Une bonne raison de se tuer" de Philippe Besson

Une bonne raison de se tuer, roman de Philippe Besson, janvier 2012, aux éditions Julliard, 321 pages, 19€.

Etats-Unis. Los Angeles, "cité éminemment calme" où "c'est la tranquillité qui domine". Un nouveau président va être élu dans les heures qui suivent. Tout le pays est dans l'attente de ce résultat, important pour beaucoup. Mais pas pour tous. Laura Parker et Samuel Jones sont en dehors de l'euphorie nationale.

Samuel vient de perdre son fils. Celui-ci s'est suicidé. Pourquoi ? Comment savoir la raison d'une telle décision ? Pourquoi n'a t-il pas perçu ce malaise chez son fils ? Toute une remise en question, tout un chamboulement dans l'esprit de ce père détruit par la mort de son fils.
Puis, il y a Laura. Elle est seule. Ses enfants lui parlent peu. Elle est serveuse dans un café. Elle a décidé de mourir. Sa décision est définitive. Elle ne veut pas revenir sur son choix.
Les chapitres se succédant entre ces deux personnages, on s'attend à ce qu'ils se rencontrent. Peut-être pour dévier leur destin, et détourner le chemin de Laura du suicide...

Une bonne raison de se tuer, cette phrase de Cesare Pavese est effectivement un bon résumé du dernier roman de Philippe Besson. Il décrit les sentiments les plus profonds de l'existence : ici, ceux de l'absence, de la mort, du suicide, et surtout du désespoir qui mène au suicide. Le détachement des personnages, leur écart par rapport au reste du monde est bouleversant. D'un autre côté, il y a le thème du temps, qui est omniprésent. Dans ce roman, ces deux éléments se complètent. Philippe Besson va au plus profond des pensées de chacun des deux êtres et met au grand jour leur détresse grâce à cet étirement du temps. Ce temps montre à quel point le désespoir peut être présent, jusqu'à détruire l'intérieur d'un être : "Ce qu'ils échangent alors s'appellent le désespoir des naufragés.", qui le mène sur le chemin du suicide.

Présentation d'Une bonne raison de se tuer, par Philippe Besson :

mercredi 1 février 2012

Peintures du moment

Piet Mondrian (1872-1944)

Pablo Picasso, "Guernica", 1937

Alexandre Calder, "Spirales sur fond jaune", 1966

lundi 30 janvier 2012

dimanche 29 janvier 2012

"Culture, état d'urgence" d'Olivier Poivre d'Arvor

Culture, état d'urgence, essai d'Olivier Poivre d'Arvor, aux Editions Tchou, 146 pages, 9€95.

Olivier Poivre d'Arvor est aujourd'hui directeur de France Culture. Il est écrivain, et a publié de nombreux textes avec son frère : Patrick Poivre d'Arvor. 

Dans cet essai, Olivier Poivre d'Arvor nous expose le cas de la culture en France, et propose un New Deal à la française, soit une nouvelle donne culturelle. Cette proposition vient des Etats-Unis, et plus précisément de Franklin Delano Roosevelt.
Il propose un investissement culturel massif pour une sensibilisation des français à la culture. Il condamne évidemment un manque d'intérêt pour la culture des français,  et y compris des politiques : "Car notre pays semble, de manière incompréhensible, avec ses mots épuisés et pauvres, avoir cédé au populisme, celui qui jette un jour aux orties un classique de la littérature française, La Princesse de Clèves, qui confond un magasin de fringues et un chef-d'œuvre de Voltaire, qui fait de même, lors d'une remise de décoration à l'Elysée, entre Roland Barthes, sémiologue, Fabien Barthez, gardien de but, ou Yann Barthès, animateur à Canal Plus. Rien n'est grave certes, car il n'y a pas mort d'homme, et pourtant tout est dit, puisque plus rien n'importe vraiment. De la méprise au mépris, le chemin est court." Effectivement, tout est dit. Il n'y a plus d'intérêt pour la culture, les amalgames sont nombreux, et paraissent minimes aux yeux de tous, même de ceux qui gouvernent le pays. La situation est anormale, et inacceptable, d'autant plus dans un pays où l'on revendique l'immense aspect culturel.

Pessimiste sur certains points, il évoque aussi quelques aspects plus optimistes, et en particulier celui de la culture-monde. Il fait la liste de nombreux artistes qui représentent la culture française dans le monde : les auteurs qui sont venus chercher le français et qui sont venus habiter en France, les auteurs français qui sont partis de France pour exporter notre langue, les acteurs ou actrices comme Marion Cotillard, et désormais Jean Dujardin qui représentent la culture française à l'étranger, et beaucoup d'autres encore. Comme dit Olivier Poivre d'Arvor : "La France, sans la culture, ce serait un bien petit pays."

Dans le deuxième chapitre, il donne son avis mitigé sur le Centre Pompidou mobile, et montre donc toute l'ambiguïté de ce débat. Oui, le musée mobile est une bonne chose : les gens ne vont pas au musée, donc on leur apporte la culture au pas de leur porte. Mais, l'effet produit serait faible, car "sans mystique, l'art et la science perdent tout de cette valeur symbolique, si indispensable pour en mesurer le prix." Que faire alors ? C'est toute la question.

Cet essai, cet état d'urgence engagé pour la culture, d'Olivier Poivre d'Arvor est plutôt vrai dans son ensemble, et évoque des points clés concernant la faible importance qu'on accorde à la culture aujourd'hui. Le thème du Centre Pompidou mobile montre aussi, au milieu d'autres points, que le débat n'est pas si simple, et que les politiques doivent s'éveiller un peu et proposer des solutions concrètes aux nouvelles générations d'artistes qui demandent à être connu, et qui surtout le méritent.

samedi 28 janvier 2012

Musique du moment

B.O. du film "Le code a changé", par Nicola Piovani

  "Pilatus : Mountains of dragons" de Steven Reineke

jeudi 26 janvier 2012

Ahmed Sylla, humoriste

Laurent Ruquier et son émission On n'demande qu'à en rire nous a déjà fait découvrir quelques jeunes et très bons humoristes, tels que Florent Peyre, Arnaud Tsamère, Olivier de Benoist, Jérémy Ferrari, les Lascars Gays, Garnier et Sentou ou encore Lamine Lezghad...

Depuis quelques semaines, au milieu des nouveaux, l'un est en train de se faire sa place au sein de tous les pensionnaires d'On n'demande qu'à en rire : Ahmed Sylla. Né en 1990, il est déjà sur les planches, et a un sacré "potentiel comique" comme le disent, sans exception, tous les membres du jury de l'émission de Laurent Ruquier.
D'autre part, Ahmed Sylla fait aussi parti du Samba Show. Scène visant à faire connaître de nouveaux talents.




Bazar de questions pour Ahmed Sylla :


Ta musique du moment ?
Adele, Someone like youuu ouuu. Et ça n'a rien à voir avec une ex !

Ton livre de chevet ?
Faut vraiment que je commence à lire. On m'a toujours forcé donc je n'y ai jamais pris goût. J'ai lu un peu de Paulo Coelho, j'aime beaucoup... Mais je ne suis vraiment pas un grand lecteur !

L'objet que tu aimes offrir ?
Alors là... ça dépend de la personne, chacun a une identité ! Mais cela dit, j'aime beaucoup faire plaisir à mes proches.

Un objet fétiche ?
Aucun objet fétiche, c'est plus encombrant qu'autre chose !

Un acteur ?
Denzel Washington. Pour moi un film = un classique, je le kiff.

D'où te vient cette envie de faire rire ?
Déjà tout petit je faisais rire ma tite famille, je faisais le clown, je me déguisais... C'est en moi, je n'ai pas appris à faire rire...

Ton film culte ?
C'est difficile, mais je vais dire "Hurrican Carter" de Denzel Washington. Mais tous ses films sont cultes pour moi.

Quelles sont tes influences ?
Là aussi c'est très difficile. Je sais apprécier le travail de mes aînés, c'est sûr qu'ils m'ont vraiment donné goût à ce métier. Mais je rigole autant devant Raymons Devos que Jamel Debbouze, en passant par Coluche, Louis de Funès, Gad Elmaleh, Florence Foresti, Les inconnus etc. Pour ne citer qu'eux !

Un musicien ?
Stevie Wonder, Ray Charles, les GRANDS quoi.

Un artiste à voir en concert ?
Diam's. Alors ça peut paraître bizarre, mais c'est Diam's qui m'a fait vivre mes meilleurs concerts. Alors je ne sais pas si aujourd'hui elle continue, mais bon... je la kiff.

Un moment inoubliable ?
Le jour où ma maman est venue me voir pour la première fois au Samba Show, tellement émouvant que j'en ai versé quelques larmes.

Un artiste hors du commun ?
Moussier Tombola "logobitombo", parce qu'en plus d'être un ami, c'est un artiste hors du commun puisqu'il essaye au maximum d'amuser les gens en les faisant danser, et ça marche ! C'est aussi un humoriste. Cette double casquette fait de lui un artiste hors du commun.

Un sketch culte ?
Le sketch des inconnus sur les chasseurs. Juste génial !

Pourquoi ce surnom : Ahmed Sarko ?
Alors ce surnom est arrivé parce que j'imite notre président, c'est tout bête !

Un cinéaste ?
Spielberg, il a fait les films qui ont bercé mon enfance... Enfin je n'étais pas prêt à m'endormir après "Jurassik Park" ou "Les dents de la mer". Mais "E.T.", c'est un classique !

Comment t'es-tu retrouvé chez Ruquier ?
Mon producteur Samba Kante, qui est à l'origine su Samba Show, m'a fait confiance, et j'ai répondu à l'appel du casting... J'ai pris mon courage à deux mains, et me voilà !

Un lieu fabuleux ?
Le Sénégal, mon pays d'origine. Une bouffée d'oxygène quand j'y retourne, et que dire de l'île de Goré.

Un humoriste ?
Louis de Funès, ce n'est pas vraiment un humoriste, mais c'est le premier à m'avoir fait rire.

Ton actualité ?
Je prépare en ce moment mon premier One-man show. Et je serai le 17 mars prochain aux Docks Pullman, à Paris, pour une nouvelle cession du Samba Show. Et je continue du mieux que je peux l'émission On n'demande qu'à en rire.


Ses quatre premiers passages dans On n'demande qu'à en rire


 
1er passage : Les vendeurs à la sauvette traqués sans relâche

 
2ème passage : Les produits volés dans les supermarchés

3ème passage : Les contrôles abusifs des policiers face aux rappeurs

4ème passage : Les passagers d'un vol obligés de payer l'essence

5ème passage : Une école se prépare à accueillir les enfants Beckham


6ème passage : Les vigiles des HLM seront armés

mercredi 25 janvier 2012

"L'enfant du premier matin" de Nicolas d'Estienne d'Orves

L'enfant du premier matin, thriller fantastique de Nicolas d'Estienne d'Orves, chez XO Editions, 630 pages, 21€90.

L'enfant du premier matin n'est pas uniquement un thriller comme indiqué. C'est un mélange de thriller, de fantastique, et d'occultisme. D'un côté, nous avons Valentin qui est un enfant vivant en 2013. Et d'un autre côté, nous voyageons dans le temps avec Saint-Alveydre, qui vit en 1891.
L'histoire débute par un prologue. Valentin voit son père mourir devant ses yeux. Seul détail, il a vu quelques secondes avant la prédiction de ce qui allait se passer. Valentin est un enfant atypique, il fait des rêves étranges, il parle dans son sommeil, il s'intéresse aux mythes... Son père était un grand écrivain, et c'est grâce à lui que Valentin s'intéresse de nombreux thèmes et lit beaucoup. Cependant, ses rêves qui troublent son sommeil inquiètent sa mère Lucie (elle aussi est écrivain). Cela va les emmener vers un médecin : Laurent Soulès, et vers un nombre voyages et de découvertes capitales concernant Valentin.
En 1891, Saint-Alveydre de son côté est journaliste dans un grand quotidien français. On lui demande de s'intéresser à certaines sectes religieuses pour un article. Rebuté par ce genre de chose par principe, il y va à contre cœur. Mais il va rencontrer une femme : Alizia van Hegedüs. Et bizarrement, il va prendre goût à l'alchimie, et à l'occultisme. On se doute alors que le destin de cet homme et du jeune garçon vont se croiser. Mais comment ?

Une tension constante pèse sur la lecture de ce thriller par ses thèmes occultes et son aspect fantastique. La tension est appuyée également par le fait que nous attendons sans cesse le lien entre Saint-Alveydre et Valentin. Quel lien peut-il bien y avoir entre un homme vivant en 1891, et un enfant vivant en 2013. 
L'histoire parfois loufoque nous tient tout de même en haleine jusqu'à la dernière page. Les péripéties s'enchaînent, les découvertes, les déceptions, les faux espoirs, les révélations... Nicolas d'Estienne d'Orves joue parfaitement avec son lecteur et l'emmène où il veut. L'enfant du premier matin est un thriller fantastique haletant.

Il est aussi l'auteur des Derniers jours de Paris et des Orphelins du mal qui avaient eu un grand succès à leur sortie. Dans un tout autre registre, Nicolas d'Estienne d'Orves est également l'auteur d'un de mes coups de cœur littéraire de l'année 2011 : Je pars à l'entracte (NiL). NEO avait d'ailleurs répondu à cette période à un Bazar de questions que voici.